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Samedi 18 juillet 6 18 /07 /Juil 15:25
Elles s'embrassent. Allongées sur un lit dans une case en palmes. Il n'y a aucun homme avec elles. L'une embrasse l'autre, qui caresse une troisième, qui a enfoui son visage entre les jambes d'une quatrième, tandis qu'une autre personne les prend en photo. Elles sont belles, jeunes...et presque entièrement nues.
Non, ce n'est pas un roman pornographique. C'est exactement ce qui s'est passé dans notre pays il y a quelques semaines, peu avant le crash de l'A310 de Yemenia.
 Pendant que nous étions scotchés devant la télé, penchés sur des dossiers ou simplement connectés à Facebook, voici ce qui arrivait : un pervers a attiré des jeunes filles dans son "vala" et a organisé une véritable orgie qu'il a ensuite photographiée. Pour vendre les images en DVD.
Cela rappelle vaguement un événement semblable qui a fait scandale il y a quelques années, a délié les langues, puis est resté impuni.
A présent, ce ne sont plus des femmes nues dans des poses lascives, ce sont des jeunes filles droguées à mort qui s'excitent mutuellement de la manière la plus sauvage qui soit.








On peut voir à leur yeux la léthargie dans laquelle les plonge ce qu'elles ont fumé.

D'aucuns diront que cela arrive fréquemment. Sauf que cette fois-ci on a eu assez de culot pour rendre ces images publiques.
N'ayons pas peur des mots. A plusieurs reprises, chacune offre à l'autre un cunnilingus tandis qu'une troisième promène sa main dans les parties intimes d'une autre...
Emmêlées, comme des animaux. Photographiées, comme des bêtes de foire.
Comment une jeune fille Comorienne digne de ce nom peut-elle se prêter à un jeu aussi vil?
Comment en est-on arrivé à prendre des photos, en toute impunité?

Regardons la réalité en face: les Comores baignent dans la misère. A l'instar des pays en dessous du seuil de pauvreté qui font la une des magazines politiques et des reportages télé, nous sommes un pays en état d'extrême pauvreté, où l'on n'a plus besoin d'un billet pour acheter une fille; un plat de brochettes, une promenade en 4x4 suffisent. Et la situation va en s'empirant. Hier nos petites et grandes soeurs étaient nombreuses à vendre officieusement leurs corps pour un téléphone portable ou une nuit à l'hôtel. Aujourd'hui, pour un joint - ou pour rien, d'ailleurs - elles jettent volontiers leur dignité dans la boue.
Par la pudeur - ô combien importante - qui nous caractérise et pour rester conforme aux règles du web, nous avons masqué les visages des protagonistes.
Droguées à mort.
Ce qui était hier est devenu pire aujourd'hui. Parce que rien n'a empêché cela d'arriver.
Si nous en sommes arrivés là, c'est parce qu'il n'y a à ce jour plus aucune autorité pour réguler nos dérapages. Les chefs religieux, les chefs politiques, les penseurs: aucun ne parvient à se faire entendre et à imposer les règles que nous avons fixées. Et moins on nous retient, et plus nous dérapond encore plus loin. Bientôt il sera trop tard pour se rattraper. Et nous sombrerons alors dans la spirale infernale qui absorbe tant d'autres pays. Certes, il existe des dérapages aprtout, plus ou moins graves les uns que les autres; mais cela arrive dans des pays plus vastes que les nôtres, où la population est assez nombreuse pour qu'il y ait un équilibre entre le bien et le mal.
Les Comores, elles, sont presque invisibles sur les planisphères. Nous sommes un si petit nombre. Qu'adviendra-t-il de nous et de nos enfants si ce si petit nombre se met à prendre part à des écarts aussi inacceptables? Une simple pandémie, quelque soit sa nature, pourrait tous nous disséminer.
Alors commençons à réfléchir à ce que nous pouvons faire pour éradiquer ce mal qui nous ronge de l'intérieur. Il y a urgence.



Par maoudou - Publié dans : Et demain...?
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